Charles Philibert-Thiboutot

800m//1500m//5000m//XC Université Laval, Québec

En route pour un dernier tour de piste

La saison de cross-country universitaire s'est récemment terminée et représente, pour moi, le début du dernier tour de piste sur le circuit universitaire du RSEQ et du SIC.

Une saison que j'ai à peine vu aller, avec mon retour tardif à l'entraînement suite à la coupe continentale.

Ceci étant dit, la longueur de cette dernière n'a en rien minimisé son intensité.

Je débute (déjà?!) ma 5e année au sein du Rouge et Or. Une période de ma vie que j'ai l'impression avoir vécue en un clin d'oeil, mais où, pourtant, j'ai évolué comme athlète et personne, tant individuellement qu'au sein du contexte d'équipe.

Les 4 dernières années sont caractérisées par des performances dont le niveau à toujours été croissant, et qui tend vers le sommet du podium sur le niveau canadien universitaire.

Avec de grandes performances, viennent de grandes attentes.

C'est pourquoi cette saison, aussi courte fut-elle, était si forte en intensité.

Le Rouge et Or grimpe sur le podium pour une 3e année de suite au championnat SIC de cross-country. L'équipe décroche le bronze, et je fais de même au niveau individuel. J'ai traversé la ligne derrière Ross Proudfoot et Tristan Woodfine de Guelph.

Si on se projette la veille de la course, peu de personnes peuvent comprendre l'intensité qui animait notre rencontre d'équipe en prévision de la compétition du lendemain.

Le championnat SIC de cross-country est une course très difficile. C'est la beauté du XC: tout peut arriver. Pour le meilleur et pour le pire.

La grosseur du peloton est effrayante. On affronte nos confrères des autres provinces. Ils sont des rivaux féroces et sans pitié. On sait que si on casse et perd 10 secondes sur le chrono final, ce n'est pas 1 position que l'on perd (comme il est le cas habituellement dans une course au Québec), mais bien 10. Les enjeux sont élevés.

Après 2 ans sur le podium en équipe, les attentes sont grandes pour un groupe comme le nôtre. Même si on sait que l'on peut courir au dessus des attentes, nous avons tous une cible dans le dos.

Un compétiteur comme moi a celle du podium individuel l'année précédente. Mais ce sont le 5 premiers coureurs qui font qu'une équipe va triompher. Ma pression, comme vétéran, sur sa cinquième année sur le circuit, n'a rien à voir comparé à celle des 4 coureurs qui font partie de mon équipe, Nicolas Morin, Dany Racine, Gabriel Legault et Alexis Lavoie-Gilbert, et qui s'alignent pour la première fois sur la ligne de départ de ce prestigieux championnat dans un uniforme du RetO.

La fierté que j'éprouve pour cette équipe, complétée par Benjamin Raymond, Alex Ricard et Jean-Daniel Labranche, est tout simplement hors proportion. Même près de 10 jours après l'évènement.

C'est une chose de courir au dessus des attentes, de livrer la marchandise et d'avoir le coeur de se battre jusqu'au bout, même quand ça va mal pour des objectifs élevés.

Le faire, sans expérience, sans savoir à quoi on s'attaque, ça, c'est avoir du courage. Ça, c'est faire preuve de solidité.

Quelle belle manière de lancer mon dernier tour de piste. Un dernier championnat de cross-country du SIC si mémorable. Le sentiment du devoir accompli, sachant que j'ai tout donné au nom de cette équipe, pour des coéquipiers qui faisaient de même, dans des conditions physiques et psychiques extrêmement difficiles.

C'est ce qu'il y a de spécial avec le sport universitaire. Contrairement à la saison estivale où le résultat individuel prime.

Quand je me remémorerai les souvenirs du sport, ce ne sera pas ma médaille de bronze individuelle dont je vais me rappeler.

Ce sera celle de bronze, que j'aurai gagné avec ceux qui se sont battus avec moi.

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